CRUELLE MALADIE

 

Pourquoi as-tu frappé, cruelle maladie,

De cinglants coups de fouet, mon épouse chérie ?

 

Active et courageuse, toujours en mouvement,

Sérieuse, travailleuse, soignant son logement,

 

Des succulents repas sortaient de sa cuisine,

Collection de recettes : gâteaux et nombreux plats.

 

Elle savait taper et coudre à la machine,

Tricoter, repriser, faire des canevas,

 

Soigner fleurs et jardin, cueillir fruits et épices,

Puis les accommoder ou les stériliser.

 

Et sa petite auto rendait bien des services :

Famille à visiter, les courses allait chercher.

 

Propre était la maison, sans jamais gaspiller,

Et en toute saison, elle était bien coiffée.

 

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Pourquoi l’as-tu frappée, cruelle maladie ?

Et ce en quelques mois, tu as ruiné sa vie.

 

Sa mémoire est partie, plus rien ne l’intéresse,

Ni livre, ni télé, sauf une humble caresse.

 

A peine quelques pas, puis regagne son lit,

A chaque visiteur, réclame son mari.

 

Autour d’elle des ombres, ell’ ne connaît personne.

Renfermée dans sa bulle et sa vie monotone,

 

Se sentant inutile, consciente de son sort,

Elle se laisser aller et souhaite la mort.

 

En faisant le bilan de toutes ces années,

Je sens monter en moi de bien tristes pensées.

 

 

Anniversaire de nos 57 ans de mariage

13 septembre 2009

Henri BERTRAND